Le 4 septembre 2025, la Monnaie royale canadienne a officiellement mis en circulation une pièce commémorative de 2 $ en hommage à la vie et à l’œuvre exceptionnelles de Daphne Odjig. Il s’agit d’un jalon important, puisque Daphne Odjig devient ainsi la première artiste des Premières Nations à voir l’une de ses œuvres figurer sur une pièce de monnaie canadienne!
Qui était Daphne Odjig?
Daphne Odjig est née le 11 septembre 1919 et a grandi sur le territoire non cédé de Wiikwemkoong, sur l’île Manitoulin. Elle est décédée à Kelowna, en Colombie-Britannique, le 1er octobre 2016, à l’âge de 97 ans. Elle était issue d’une famille d’artistes : son père faisait des croquis, sa mère pratiquait la couture et son grand-père était sculpteur sur pierre. Cet environnement lui a fourni les bases nécessaires pour développer ses propres passions artistiques.
Ayant grandi à une époque de l’histoire du Canada où de nombreuses pratiques culturelles traditionnelles étaient interdites par la loi, elle a été initiée à l’art et à la culture par son grand-père. Au début de sa vie adulte, Daphne a passé beaucoup de temps à parcourir les salles du Musée royal de l’Ontario, à Toronto, où elle a appris à peindre en autodidacte au milieu des œuvres de Picasso et des impressionnistes. L’évolution de ses techniques et de ses styles artistiques témoigne de son parcours de vie et de son lien profond avec son identité culturelle.
Souvent décrite comme une « force créatrice de changement », l’héritage de Daphne Odjig continue d’inspirer des générations d’artistes. Son style unique alliait l’imagerie traditionnelle autochtone aux influences du modernisme, créant un langage visuel qui exprimait avec justesse l’expérience des peuples autochtones au Canada.
L’œuvre représentée sur la pièce de monnaie

La vibrante et colorée pièce de 2 $ met en valeur l’une des œuvres les plus marquantes de Daphne Odjig, réalisée en 1977 et intitulée The Folk Singer. Le motif met en évidence son utilisation éclatante des couleurs et ses lignes fines et fluides, tout en représentant une femme tenant un tambour. Cette œuvre a été choisie précisément pour souligner son rôle de figure transformatrice de la culture canadienne. Dans la culture anichinabée, le tambour représente le battement de cœur de la communauté et peut être interprété comme une métaphore visuelle de la résilience et de la préservation de l’histoire autochtone.
Un détail discret, mais profondément significatif, se trouve sur le pourtour extérieur de la pièce : le dessin stylisé d’un pékan. En 1964, Daphne Odjig avait commencé à se faire appeler « Daphne Fisher » dans le but de dissimuler son identité autochtone. Comme « fisher » est la traduction anglaise de « Odjig », le pékan est ensuite devenu un symbole qu’elle utilisait comme signature tout au long de sa carrière.
Pourquoi cette pièce de monnaie est importante
Daphne Odjig a exercé une influence considérable sur l’art des Premières Nations au Canada et a jeté les bases pour les artistes autochtones qui lui ont succédé. Véritable pionnière et défenseure de sa culture, elle a reçu de nombreuses distinctions, dont l’Ordre du Canada en 1986, le Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques en 2007, ainsi que l’Ordre de la Colombie-Britannique en 2007. À travers son art, elle a raconté les expériences, les histoires et les points de vue des peuples des Premières Nations.
La Monnaie royale canadienne a créé cette pièce commémorative afin de souligner l’influence durable de Daphne Odjig en tant qu’artiste et défenseure. En faisant figurer son œuvre sur une pièce de monnaie en circulation, son histoire et son art entrent dans le quotidien de millions de Canadiens.
Grâce à cette pièce, le Canada rend hommage à une femme qui a refusé de laisser sa culture être réduite au silence, la transformant plutôt en un héritage puissant, magnifique et durable.





